Nicotine dans une puff JNR : combien et quel taux choisir ?
Combien de nicotine contient une puff JNR, que signifie « 2 % » et comment choisir entre 0, 10 et 20 mg/ml ? Les repères, la loi et les bons réflexes.
Combien de nicotine contient une puff JNR, que signifie « 2 % » et comment choisir entre 0, 10 et 20 mg/ml ? Les repères, la loi et les bons réflexes.
Écouter le résumé (≈ 1 min)
Voix générée par IA
En bref : une puff JNR vendue en France contient au maximum 20 mg de nicotine par millilitre de liquide, soit 2 %. Selon les modèles, le kit est proposé en 20 mg/ml, en 10 mg/ml ou sans nicotine (0 mg/ml), toujours avec des e-liquides aux sels de nicotine.
« Combien de nicotine dans une JNR ? », « que veut dire 2 % ? », « 10 ou 20 mg ? » : ces questions reviennent sans cesse chez les fumeurs qui passent à la puff rechargeable, et les réponses qui circulent se contredisent souvent. Voici comment lire le taux de nicotine d'une puff, ce que la loi autorise en 2026, ce que contiennent réellement les kits JNR et comment choisir un taux adapté à votre consommation, sans sous-dosage ni surdosage.
Le taux de nicotine d'un e-liquide s'exprime en milligrammes de nicotine par millilitre de liquide (mg/ml). Certaines marques l'affichent en pourcentage : 1 % correspond à 10 mg/ml, donc une puff « 2 % » contient 20 mg de nicotine par millilitre.
Pour connaître la quantité de nicotine présente dans l'appareil ou dans un flacon, il suffit de multiplier le taux par le volume :
| Taux | En % | Réservoir plein (2 ml) | Flacon de 10 ml |
|---|---|---|---|
| 0 mg/ml | 0 % | 0 mg | 0 mg |
| 3 mg/ml | 0,3 % | 6 mg | 30 mg |
| 6 mg/ml | 0,6 % | 12 mg | 60 mg |
| 10 mg/ml | 1 % | 20 mg | 100 mg |
| 20 mg/ml | 2 % | 40 mg | 200 mg |
Attention : ces quantités correspondent à la nicotine présente dans le liquide, qui se consomme sur plusieurs jours. Elles ne disent rien de la nicotine réellement absorbée par l'organisme, qui dépend de l'appareil et de la façon de vapoter (nous y revenons plus bas).
En France, l'arrêté du 19 mai 2016 fixe trois règles pour les produits du vapotage contenant de la nicotine[1] :
C'est pour cela qu'une puff rechargeable « 30K » ou « 40K » n'a pas un grand réservoir : elle est livrée avec des flacons de 10 ml qui servent à la remplir au fur et à mesure.
Depuis le 26 février 2025, l'article L3513-5-1 du Code de la santé publique interdit de vendre, de distribuer ou d'offrir les dispositifs de vapotage « préremplis avec un liquide » qui « ne peuvent être remplis à nouveau », qu'ils aient ou non une batterie rechargeable. Les cartouches ne sont pas concernées[2]. Les contrevenants encourent jusqu'à 100 000 € d'amende, et 200 000 € en cas de récidive[3].
Les puffs JNR vendues en France se rechargent en e-liquide : c'est ce qui les distingue des anciennes puffs jetables. Pour le détail de la loi, voir notre article sur l'interdiction des puffs jetables.
Certaines puffs vendues hors de l'Union européenne, notamment aux États-Unis, affichent 5 %, soit 50 mg/ml. C'est deux fois et demie le plafond français : ces produits ne peuvent pas être vendus légalement en France. Un taux supérieur à 2 % sur un emballage est donc un signal d'alerte sur l'origine du produit.
Il est interdit de vendre ou d'offrir des produits du vapotage aux moins de 18 ans, et le vendeur doit exiger une preuve de majorité[4]. L'interdiction vaut aussi pour les puffs sans nicotine.
Une puff JNR est un kit rechargeable : un appareil à batterie rechargeable en USB-C, avec un réservoir ou une cartouche de 2 ml, livré avec des flacons d'e-liquide JNR de 10 ml aux sels de nicotine (deux flacons en général, trois pour la Stellarc 50K). Les e-liquides JNR sont formulés en 50/50 PG/VG.
Voici les taux proposés sur les principaux modèles de notre catalogue au moment où nous écrivons ces lignes :
Concrètement, un kit en 20 mg/ml contient 40 mg de nicotine dans le réservoir plein et 200 mg dans chaque flacon de 10 ml. Le nombre de bouffées affiché dans le nom du modèle (28K, 43K…) est une estimation du fabricant : il dépend du liquide fourni et varie beaucoup d'un vapoteur à l'autre. Pour mieux connaître la marque, lisez pourquoi la puff JNR a autant de succès et notre top 7 des puffs JNR.
Sur les puffs JNR, le 20 mg/ml est de loin le taux le plus choisi par nos clients. C'est logique : un fumeur qui passe à la puff a souvent besoin d'une dose suffisante pour ne pas ressentir le manque. Ce n'est pas pour autant le bon taux pour tout le monde : un petit fumeur sera souvent mieux avec 10 mg/ml.
Les versions sans nicotine (0 mg/ml) s'adressent aux anciens fumeurs qui ont terminé leur diminution de nicotine et qui gardent le geste et les saveurs le temps de s'en passer. Elles ne sont pas une porte d'entrée : l'Anses recommande d'écarter toute action susceptible d'encourager à s'initier au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes[8]. Et vapoter sans nicotine n'est pas sans risque, comme nous le verrons plus bas. Notre sélection des puffs sans nicotine détaille les modèles disponibles.
Les e-liquides JNR sont aux sels de nicotine. La nicotine y est associée à un acide organique, ce qui la rend généralement plus douce à inhaler qu'une nicotine « classique » (dite base libre) au même taux. C'est ce qui permet de vapoter du 10 ou du 20 mg/ml dans une petite puff, en inhalation indirecte, sans irritation trop forte de la gorge.
Une étude menée chez des fumeurs américains a montré qu'avec des e-liquides aux sels de nicotine, la nicotine passe dans le sang aussi vite qu'avec une cigarette, sans dépasser la quantité apportée par la cigarette, et que ce profil dépend beaucoup de l'appareil utilisé[5]. Pour aller plus loin : les sels de nicotine, leurs avantages et leurs inconvénients, et notre rayon e-liquides aux sels de nicotine.
Tabac info service le rappelle : « il n'existe pas encore de protocole de dosage » des e-liquides[6]. Le bon taux est celui qui fait disparaître l'envie de fumer sans provoquer d'effet désagréable. Les repères ci-dessous, couramment utilisés en boutique pour une puff aux sels de nicotine, donnent un point de départ à ajuster :
| Votre consommation | Taux de départ indicatif |
|---|---|
| Moins de 10 cigarettes par jour, première cigarette plus d'une heure après le réveil | 10 mg/ml |
| 10 à 20 cigarettes par jour | 10 ou 20 mg/ml selon vos sensations |
| Plus de 20 cigarettes par jour, ou première cigarette dans la demi-heure qui suit le réveil | 20 mg/ml |
| Ancien fumeur en fin de sevrage | Diminution progressive jusqu'à 0 mg/ml |
Le délai entre le réveil et la première cigarette en dit souvent plus que le nombre de cigarettes : c'est l'une des questions clés du test de Fagerström, qui évalue la dépendance en six questions.
Si vous ne savez pas par où commencer, un tabacologue peut vous aider à ajuster votre taux : Tabac info service propose un accompagnement par téléphone au 39 89[6].
Tabac info service cite notamment[6] :
Dans ce cas, espacez les bouffées ou passez à un taux inférieur.
Le sous-dosage est un piège fréquent : par crainte de la nicotine, beaucoup de fumeurs choisissent un taux trop faible, vapotent en continu pour compenser, puis finissent par rallumer une cigarette. Mieux vaut démarrer avec un taux suffisant et le baisser ensuite.
On lit souvent qu'une puff « équivaut à tant de paquets de cigarettes ». Ces comparaisons additionnent la nicotine contenue dans le liquide, pas celle que l'on absorbe. Or l'absorption varie beaucoup selon l'appareil, la puissance, la durée et la fréquence des bouffées.
Dans une étude publiée en 2016, des vapoteurs expérimentés ont pris 15 bouffées sur leur cigarette électronique habituelle : ils ont inhalé en moyenne 1,33 mg de nicotine, avec des écarts importants d'un appareil et d'un utilisateur à l'autre[7]. La cigarette, elle, délivre sa nicotine par combustion, d'une façon très différente (voir combien de nicotine contient une cigarette).
Plutôt que de compter en équivalent-paquets, fiez-vous à vos sensations : plus d'envie de fumer, et aucun signe de surdosage.
Vapoter n'oblige pas à garder le même taux indéfiniment. Beaucoup d'anciens fumeurs procèdent par paliers :
Avec une puff rechargeable, c'est simple : les e-liquides JNR de 10 ml existent en 20, 10 et 0 mg/ml. On garde le même appareil et la même saveur, on change seulement de flacon au moment de recharger sa puff. Notre guide pour faire baisser son taux de nicotine détaille la méthode.
La revue Cochrane, mise à jour le 26 août 2026, conclut avec un niveau de certitude élevé que la cigarette électronique avec nicotine aide davantage à arrêter de fumer que les substituts nicotiniques (patchs, gommes) : sur 100 personnes, 8 à 10 pourraient arrêter de fumer pendant au moins six mois avec la vape nicotinée, contre environ 6 avec un substitut[9]. Nous avons détaillé ces résultats dans notre article sur l'étude Cochrane 2026.
L'Anses, dans son évaluation publiée le 4 février 2026, estime que le vapotage peut être envisagé comme une option transitoire pour les personnes qui ont des difficultés à arrêter de fumer, dans une démarche de sevrage tabagique. Elle rappelle aussi la survenue possible d'effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine[8]. Vapoter n'est donc pas anodin : c'est un outil pour sortir du tabac, pas un produit à consommer sans raison.
[1] Arrêté du 19 mai 2016 relatif aux produits du vapotage contenant de la nicotine, Légifrance.
[2] Article L3513-5-1 du Code de la santé publique, créé par la loi n° 2025-175 du 24 février 2025, en vigueur depuis le 26 février 2025, Légifrance.
[3] La vente de cigarettes électroniques jetables est désormais interdite en France, Service-public.fr, 27 février 2025.
[4] Article L3513-5 du Code de la santé publique (vente aux mineurs), Légifrance.
[5] O'Connell G, Pritchard JD, Prue C, et al. A randomised, open-label, cross-over clinical study to evaluate the pharmacokinetic profiles of cigarettes and e-cigarettes with nicotine salt formulations in US adult smokers. Internal and Emergency Medicine, 2019;14(6):853-861.
[6] Dosage nicotine cigarette électronique, Tabac info service.
[7] St Helen G, Havel C, Dempsey DA, et al. Nicotine delivery, retention and pharmacokinetics from various electronic cigarettes. Addiction, 2016;111(3):535-544.
[8] Vapoter : quels risques pour la santé ?, Anses, 4 février 2026.
[9] Lindson N, Livingstone-Banks J, Butler AR, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews, 26 août 2026.
Lire le résumé avec
L'article s'ouvre dans l'assistant de votre choix, qui vous le résume.
Ajouter un commentaire