Taxe européenne sur les e-liquides : pourquoi la Suède fait dérailler
C'est un dossier qui avance à pas comptés à Bruxelles, mais dont l'issue pèsera directement sur le prix de vos flacons.
C'est un dossier qui avance à pas comptés à Bruxelles, mais dont l'issue pèsera directement sur le prix de vos flacons.
C'est un dossier qui avance à pas comptés à Bruxelles, mais dont l'issue pèsera directement sur le prix de vos flacons. Depuis juillet 2025, la Commission européenne pousse une refonte complète de la fiscalité des produits du tabac, qui ferait entrer les e-liquides dans le champ des accises minimales européennes dès 2028, et sans période transitoire. Problème pour la Commission : le texte est bloqué depuis plus d'un an par une dizaine d'États membres. Et les législatives suédoises du 13 septembre viennent d'ajouter un obstacle supplémentaire.
La Tobacco Taxation Directive (TTD), parfois appelée Tobacco Excise Directive (TED), ne se contente pas de relever la fiscalité du tabac combustible. Elle instaure pour la première fois des taux d'accise minimaux harmonisés à l'échelle des Vingt-Sept sur l'ensemble des produits nicotinés.
Le barème proposé par la Commission :
| Produit | Accise minimale européenne |
|---|---|
| Cigarettes | 215 € / 1 000 unités (contre 90 € aujourd'hui, soit +139 %) |
| E-liquides < 15 mg/ml de nicotine | 0,12 € / ml |
| E-liquides ≥ 15 mg/ml de nicotine | 0,36 € / ml |
| Tabac chauffé | 108 € / 1 000 unités |
| Sachets de nicotine | 143 € / kg |
Un mécanisme d'ajustement est prévu : pour chaque produit, deux tiers du taux minimal seraient fixes et le dernier tiers modulé selon l'indice de niveau des prix du pays. Concrètement, le plancher serait plus bas en Bulgarie qu'au Danemark.
C'est le point qui doit retenir l'attention des vapoteurs. Là où le tabac chauffé et les sachets de nicotine bénéficieraient d'une montée en charge progressive, avec des taux pleins seulement en 2032, les e-liquides seraient taxés au taux plein dès 2028.
Ce que cela représenterait en pratique, si la France se contentait d'appliquer le minimum européen :
Deux précisions importantes. D'abord, ces montants sont des planchers, pas des plafonds : rien n'empêcherait la France de fixer un taux supérieur en loi de finances. Ensuite, une accise calculée au millilitre frappe proportionnellement plus fort les petits contenants que les grands formats, ce qui rebattrait sensiblement les cartes du rapport qualité-prix sur le marché.
En parallèle de la TTD, la Commission a présenté la Tobacco Excise Duty Own Resource (TEDOR), l'une des cinq nouvelles ressources propres envisagées pour financer le budget européen 2028-2034.
Le calcul est le suivant : on prend le volume de produits nicotinés mis à la consommation dans un pays, on le multiplie par le taux d'accise minimal européen applicable à ce pays, et l'État doit reverser 15 % de cette somme au budget de l'UE. Rendement attendu : 11,2 milliards d'euros par an.
Officiellement, les deux textes sont indépendants. Dans les faits, ils sont étroitement liés : puisque la TEDOR se calcule sur la base du taux d'accise minimal, et que la TTD relève justement ce taux pour la quasi-totalité des produits, plus la directive est ambitieuse, plus la contribution au budget européen grimpe. C'est précisément ce que reprochent plusieurs capitales.
Pour être adoptés, ces textes exigent l'unanimité des Vingt-Sept — et, pour la TEDOR, une ratification par les 27 parlements nationaux. Autant dire qu'un seul refus suffit à tout bloquer. Or les objections ne manquent pas :
À cette fronde s'ajoute désormais un obstacle purement calendaire. Les Suédois ont voté le 13 septembre, et les sondages ne dégageaient aucune majorité nette. La formation d'un gouvernement pourrait donc prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois : en 2018, il avait fallu 134 jours.
Pourquoi est-ce déterminant ? Parce qu'un gouvernement de transition se limite aux affaires courantes. Et parce qu'en Suède, toute position défendue au Conseil de l'UE doit être validée par la commission des affaires européennes du Riksdag — un mandat qu'un exécutif sortant ne peut pas obtenir sur un dossier aussi contesté que la TTD.
De quoi contrarier l'Irlande, qui préside actuellement le Conseil de l'UE et espérait relancer les négociations dès le mois d'octobre. Car si les réserves des autres capitales peuvent se négocier, l'absence pure et simple d'interlocuteur habilité, elle, ne se contourne pas.
Rien ne change aujourd'hui sur les prix : la directive n'est pas adoptée, et il faudrait encore la transposer en droit français avant toute application. L'échéance de 2028 pour les e-liquides paraît d'ailleurs de moins en moins tenable au rythme actuel.
Mais le dossier n'est pas enterré pour autant, et il reste le principal facteur d'évolution du prix des e-liquides en Europe pour les années à venir. Nous continuerons à suivre son avancement de près.
En attendant, chez Le Vapoteur Discount, nos grands formats et nos packs restent la façon la plus économique de vapoter au quotidien — et ils le resteraient d'autant plus si une taxation au millilitre venait à s'appliquer.
Lire le résumé avec
Ajouter un commentaire